8 février - Hommage à Michel Le Bris

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Hommage à Michel Le Bris
Conseil municipal de Plougasnou, jeudi 4 février 2021
« Plougasnou, c'est chez moi, c'est le plus bel endroit du monde, car c'est là que j'ai rêvé quand j'étais gosse ... »

Photo Hervé RONNE.

Michel Le Bris est parti pour son dernier voyage, le samedi 30 janvier 2021. Il allait avoir 77 ans. Ecrivain, éditeur, créateur du festival Etonnants Voyageurs, ce fou de mer et de littérature, de voyages et de jazz a emprunté mille chemins de vie pour embrasser l'universel. Mais sa boussole intime lui a toujours indiqué le centre du monde, le seul qui vaille, à tout jamais. Ce rivage entre Térénez et Saint-Samson où se trouve sa maison natale, blottie au fond de l'anse de Tréhouren, près de Ti Louzou. Avec une infinie pudeur, l'écrivain a souvent raconté le gamin ”de peu” qu'il a été. La pauvreté, la dignité d'une mère célibataire, bonne à tout faire chez les châtelains du haut de la colline, la mam goz infirme dont il fallait s'occuper. Mais aussi, et peut-être surtout, l'enchantement de ces années, bercées par le sortilège de la mer et la magie des livres.

Ecoutons-le ...
« Je descends le sentier du Cosquer jusqu'à la mer et Pen an Dour. Ma maison natale est là, collée à la grève, solitaire, à mi-chemin entre les fermes basses de Saint-Samson, dos tournés au grand large, et le petit port de Térénez, où j'écoutais, enfant, les mots magiques lâchés par les marins au comptoir du bistrot. Je sais au moins une chose : que je suis né ici, de cette histoire inachevée entre terre et mer, et que jamais ne pourront m'être ôtés ces moments éblouis de mon enfance. »

Ecoutons-le encore...
« Je retourne sans cesse à cet estran. Quand j'étais enfant, nous étions très pauvres et je ramassais des bigorneaux pour les vendre aux restaurants. Je m'étais alors juré que plus jamais je n'en pêcherais de ma vie. Et maintenant, je m'aperçois que c'est plus fort que moi. il n' y a que le mal de dos qui me fait me relever, et alors je les ressème, car je ne vais quand même pas manger trois kgs de bigorneaux par jour ! »

Remontons le temps. Nous sommes en 2005, une année sombre pour l'école de Kérénot – celle-là même où le petit Michel se révéla être un élève exceptionnel - et le collège, menacés de fermeture. Appelé à la rescousse, l'écrivain devient le parrain de Kérénot et écrit un texte de soutien. L'école sauvée, il vient, avec son épouse Eliane, assister à une grande fête dont il est l'invité d'honneur. Très ému, il écoute les enfants lire son texte, dont voici les premières phrases :
« Les petites classes de Kérénot, le cours complémentaire de Plougasnou : c'est là, pour moi, que tout a commencé - et je garde une infinie gratitude pour tous les instituteurs que j'y ai rencontrés. Kérénot, Plougasnou : les portes qui m'ont ouvert le monde... Après le BEPC, j'ai fréquenté, petit gamin pauvre jamais sorti jusque-là de son coin de Bretagne, les plus grands lycées parisiens : Saint-Louis, Louis Le Grand, sans jamais le sentiment - bien au contraire ! - d'un quelconque "retard". Et je sais bien que, plus qu'ensuite à Paris, c'est ici, dans ces années plouganistes, que s'est formé l'écrivain que je suis devenu. »

A l'heure de lui dire au revoir, reprenons une dernière fois ses mots, puisés dans Un hiver en Bretagne, ode sensible à son enfance, sur la rive trégoroise de la baie de Morlaix :
« Que je devienne une pierre, un rocher de plus sur la grève de Tréourhen, que le vent et les vagues peu à peu effriteront, jusqu'au sable effacé par la mer. »

Coordonnées

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14 rue François Charles
29630 PLOUGASNOU

tél. 02 98 67 30 06
fax: 02 98 67 82 79
contact[@]plougasnou.fr

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La mairie est ouverte du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h30
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